Monsieur le Préfet
Préfecture de Colmar
7 rue Bruat
BP 10489
68020 COLMAR
Wittelsheim le 19 juillet 2010
Objet : dossier Néolia / association Mermoz –rue du Parc à
Wittelsheim
Monsieur le Préfet,
Par la présente, je sollicite de votre haute bienveillance afin d’apporter un
arbitrage sur ce dossier qui touche tout un quartier de résidents à Wittelsheim.
Je vais vous relater les événements :
Dès le déménagement du Super U, rue du parc à Wittelsheim, nous savions que ce terrain verrait
l’objet de nouvelles constructions.
Pendant la campagne électorale municipale, il était même question d’une maison médicalisée pour
personnes dépendantes. Malheureusement, il en a été autrement. Faisant fy de l’opinion publique, un projet d’immeuble a été soumis à l’approbation du Maire. On aurait pu imaginer une concertation
des riverains, on aurait pu imaginer, suite aux belles déclarations du maire lors des vœux, que nous aurions des bâtiments exemplaires, tant par l’architecture, que par les matériaux et principes
de construction, dans le respect du grenelle de l’environnement et du développement durable.
A la place on retrouve un projet
« bas de gamme, avec des bardages bois en finition, des coursives extérieures d’accès aux appartements et des escaliers extérieurs d’accès à ces coursives, des box en béton préfabriqué comme garages en façade de rue, où est le développement durable, où sont les constructions basse consommation ? Et une densification
extraordinaire de population. Imaginez 60 logements sur 85 ares, 2.5 véhicules par logements ce qui donne environ 10 ares pour le stationnement, 4 ares pour les garages, 16 ares pour les
parkings, 20 ares pour les bâtiments, sans compter les voies d’accès. Où sont les espaces verts, densification ne veut pas dire asphyxie.
Nous, association Mermoz et riverains pensons que la sécurité de tous et en particulier de nos
enfants est menacée. Un va et vient incessant automobile viendra à bout de la tranquillité et de la quiétude des habitants et mettra en danger les accès piétons des écoles
proches.
Dès décembre 2009, un courrier a été envoyé au Maire pour demander la révision du projet, courrier
assorti d’une pétition de plus de 150 signatures, tant de riverains que de parents d’élèves fréquentant les écoles. Courrier instantanément suivi par
la réponse de fin de non recevoir du Maire. Les intérêts des uns ne sont pas les intérêts des autres.
La demande de concertation amicale
ayant échouée, nous avons envoyé une demande d’étude à notre cabinet d’avocat HSKA de Strasbourg pour avoir copie du permis de construire afin
d’envisager les éventuelles possibilités de recours envers ce projet. Malgré l’obligation légale de communication de documents administratifs, et malgré de nombreuses injonctions de notre
avocats, Maitre HOEPFFNER, le Maire n’a jamais envoyé ces documents, bloquant par la même la procédure. Peut être espérait-il que l’association intente un recours auprès du tribunal administratif
sans contrôle des éléments ?
Cette façon procédurière, habituelle de notre premier magistrat ne nous a pas étonnés et nous nous
sommes alors dirigés dans une autre direction.
Nous avons alors pris rendez vous avec Monsieur Corradi, propriétaire du terrain, afin de trouver
ensemble un terrain d’entente. Lors d’une réunion chaleureuse, Monsieur Corradi nous a dit avoir cherché pendant plus de deux ans, un promoteur pour acheter son terrain, et, n’ayant trouvé que
Néolia, il s’était obligé dans ce projet. Il nous a dit également que si nous trouvions un autre acquéreur, il s’engageait à revoir sa position.
Chose dite, sitôt faite, dans la semaine, nous lui proposions un nouveau promoteur, David Vitale,
qui, avant de rencontrer Monsieur Corradi, a même pris de temps de nous concerter afin d’orienter la proposition dans une direction qui ferait consensus avec tous.
La rencontre entre Monsieur Corradi et ce nouveau promoteur paraissant fructueuse, nous étions
alors confiants dans la suite de ce dossier. Mal nous en a pris. Il s’est avéré qu’en fait, Monsieur Corradi n’attendait que la fin du délai légal de recours, et l’engagement définitif de Néolia.
Cette proposition de changer de promoteur n’étant en fait qu’un pis aller dans l’hypothèse de la désaffection de Néolia. Quand nous l’avons appelé pour prendre des nouvelles de la situation de
négociation, il nous a alors dit qu’il continuait avec Néolia car le permis était déjà accepté et l’autre projet prendrait alors plus de temps et qu’il avait déjà suffisamment
attendu.
Donc, nous en avons conclu que l’argent est aujourd’hui plus important que le bien être des
riverains du projet. N’habitant pas à Wittelsheim, il voit donc cette construction d’un autre œil que nous.
Par notre manifestation du 30 juin 2010 nous avons manifesté notre refus du projet tel qu’il se
présente. Cette manifestation a rassemblée tous les habitants concernés et même au-delà, ce qui démontre le profond malaise suscité par ce projet.
Nos revendications ont été les suivantes :
- Nous voulons un bâti raisonné et en harmonie avec le quartier,
- Nous demandons une révision du projet avec la réduction du nombre de bâtiments
- Nous voulons des espaces verts poumons de notre cadre de vie,
- Où iront jouer tous les enfants de ces 60 familles ? Dans la rue ?
- Nous demandons des aires de jeu pour nos enfants du centre ville
- Nous voulons la sécurité pour nos enfants et pour tous les enfants venant dans les écoles proches
- Nous voulons des trajets écoliers balisés et protégés
- Nous ne voulons pas une surpopulation de voitures et autres engins à moteur
- Nous demandons la mise en place d’une zone à vitesse réduite tout autour du quartier
- Pour éviter l’accumulation des véhicules, nous demandons des garages enterrés sous ces immeubles comme ceux présents en face et non en façade de rue.
-
Par une lettre datée du 7 juillet 2010, au nom de l’association MERMOZ, j’ai fait la demande de rendez-vous avec Néolia afin d’étudier les meilleures solutions afin d’apporter une fin au conflit. Cette lettre est restée, à ce jour,
sans réponse.
Je me tourne finalement vers vous dans le but d’apporter un arbitrage sur ce problème dans la
cohérence de tous. Bientôt le bâtiment de l’ancien Super U sera démoli et les constructions débuteront. Les habitants du quartier ne se laisseront pas imposer cette Z.U.P. sans rien
faire.
Votre intervention est la dernière possibilité légale de résoudre le conflit. Nous comptons tous
sur votre arbitrage de conciliation entre les intérêts légitimes des habitants et des enfants et les intérêts mercantiles des promoteurs.
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, mes respectueuses
salutations.
Jean François Mann
Président de l’association
MERMOZ
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